Finlande, acte I, le sud

Hei à tous !

Le bonjour finnois est chaleureux et simple. Comme tout ici. Il sonne comme un hey lancé à la cantonade. Notre prononciation approximative semble passer. Nous l’utilisons souvent car lors de nos balades au vert, les randonneurs croisés nous saluent et il faut bien répondre. Le hello passe bien ici. L’anglais est largement répandu. C’est appréciable et facilite nos démarches et nos échanges. Notre entrée en Finlande va de paire avec notre retour en Europe. On l’avait quitté depuis peu pour la parenthèse russe. La frontière est rapide et facile. Pas de fouilles intempestives, pas de blablas, pas de paperasses. En quelques minutes et en quelques kilomètres, nous changeons complètement de décor. Nous ouvrons grands nos yeux impatients. C’est parti pour la Scandinavie. Un nouveau virage du voyage. Désole, nous avons traîné pour de ce nouvel article. Nous avions trop de matière (en images et en texte) à exploiter sur ce nouveau pays coup de coeur pour précipiter la publication ! Allez, bonne lecture.

La route est en bien meilleure état qu’en Russie et les panneaux sont lisibles. Des pistes cyclables, des éoliennes, des panneaux de signalisation jaunes, dont des panneaux indiquant la présence de rennes qui reviennent très souvent. Des petits abris-bus rouges qui sont fidèles à l’image du pays. Des maisons aux planches verticales. Rouges, jaunes, blanches, bleues. Surtout rouges. Ces maisons en bois rouge(tellement jolies) semblent jalonner tout le pays avec un modèle unique. Des lignes de boites aux lettres sans clés. Le long de la route à l’entrée de petits chemins de terre. Des fermes, des champs avec un soin exemplaire. Du vert, beaucoup de forêts. Des sapins partout. Du bleu, des lacs, des rivières. 76% de forêt sur tout le territoire. 180000 lacs. Le pays de la nature et du raffinement. Les premières images de Finlande sont sublimes et après deux semaines dans le pays le charme n’est pas retombé. Au contraire. On se laisse happer.

Baptiste répète en boucle : « J’adore ce pays. – Ah oui, moi aussi. Et toi, pourquoi ? – C’est beau, c’est reposant, c’est source d’inspiration. » Oui c’est exactement ça. Beau et reposant. Et inspirant. Je n’arrive pas à détacher mes yeux du paysage. J’ai laissé mon bouquin du moment. Je peine à trouver le temps pour écrire (alors qu’il y a matière). Je n’y parviens que dans la douceur du camion au moment du coucher ou dans le calme du matin quand tout le monde dort encore. C’est trop beau, je ne veux pas en perdre une miette quand nous roulons. Nos yeux s’habituent étonnamment vite à un pays normalement. Il faut prendre des photos dès le début des petits détails qui nous déroutent, nous amusent, nous dépaysent. Après, on y fait un peu moins attention. Différemment en tous cas. En Finlande, les routes sont inlassablement belles.

Savenimma. Halte 1. Petit bourg dans la région des lacs du sud-est. Sur la carte, il est difficile de trancher pour savoir ce qui domine entre le bleu des lacs et le vert des terres. La route est sublime depuis la frontière. La route longe de tous les côtés les lacs. Des forêts de sapins posent le décor à perte de vue. Et des petits chalets rouges pointent à l’horizon. Le long d’un lac, au bout d’un chemin. Il y a souvent un ponton avec un canoë. Et souvent plusieurs petites dépendances. Parfois la route s’arrête subitement. Un bac permet alors de traverser pour poursuivre son chemin. La photo qui suit n’est pas de nous mais figure dans tous les guides et dépliants touristiques. Nous avons emprunté cette route impressionnante qui se dessine au milieu de l’eau.

Garés face au château de Savenimma, qui se dresse sur un îlot rocheux, nous dégustons une salade d’été les portes ouvertes pour le dîner. Le soleil perce les fenêtres du camion. L’air est frais, nous remettons les pulls en soirée. Avant le coucher, Jeanne et moi faisons une virée pipi. Il y a peu de monde mais peu d’endroits discrets ! Alors que nous avons trouvé un petit coin tranquille au bout de la pointe encerclée d’eau, une famille en canoë arrive à grands coups de rames. Les gens semblent profiter de la nature à fond. Nous les voyons plus loin débarquer leurs affaires. Des duvets, du matériel de camping. La région se visite davantage en canoë. Nous déménageons en rigolant avec Jeanne. Nous allons un peu plus loin et délogeons une petite souris cette fois. Rentrées en courant au camion engourdies par le froid saisissant de la soirée, Jeanne en pyjama, me tient fermement la main. Je sais qu’elle affectionne beaucoup ces moments, même courts, même légers, rien que toutes les deux. Les enfants ont besoin d’avoir des moments privilégiés avec chacun de leurs parents. Nous sommes alors disposés à 100% à les écouter, les câliner. Notre attention n’est centrée que sur eux. Ce n’est pas toujours simple avec trois enfants, mais ça se travaille. En voyage, en huis clos, c’est encore différent mais on y parvient. On saisit chaque occasion qui se présente. Les balades sont un bon moyen de papoter à deux. En ville ou en pleine nature. En roulant aussi. Ou la tête sur l’oreiller. On se débrouille, on trouve. On crée des petits moments de tête à tête.

Baptiste décide d’aller faire quelques photos avec son drone sous cette belle lumière de fin de journée. Il m’interroge. Je lui réponds que le lieu est certes joli mais que l’eau est omniprésente avec tous ces lacs environnants. C’est peut être top risqué, non? Pour ma part, je n’y touche pas à ce drone. Les manettes de commandes m’ont l’air bien trop complexes ! J’aurai trop peur de lui faire faire un plouf sans retour. Baptiste part, puis revient en courant quelques minutes après. « Je l’ai perdu. Je le vois plus. Il est parti d’un coup derrière. J’ai perdu les commandes.» Nous passons une folle soirée à le chercher. Sans trop d’espoir. La dernière vidéo est visible et nous voilà lancés dans un véritable jeu de piste. Il est parti du côté opposé au lac, ouf. Nous retrouvons le trajet du drone qui s’est mis à virevolter où bon lui semblait sans prévenir ! Sans trop y croire, nous cherchons. Baptiste rentre dans les jardins privés. Très à l’aise. Il est à deux doigts de monter sur les toits. Je dois le freiner. On va éviter une mauvaise chute ou une virée au poste pour notre premier jour en Finlande ! Les petits sont restés au camion. Je rentre au bout de quelques minutes, de peur qu’ils s’inquiètent. Je fais bien, car je vois Jeanne arrivée vers moi en courant la mine inquiète. Samuel et Louise pleurent à chaudes larmes dans le camion. Et Jeanne, la voix tremblante me susurre : « Maman, c’était trop long. Je me suis inquiétée. J’étais à deux doigts de pleurer. J’arrivai pas à calmer tout le monde. » Je m’en veux. Coincée entre Baptiste inquiet et déçu pour son drone et les petits qui se sont sentis abandonnés. Sam se rendort vite. Je câline longuement Louise et Jeanne. Et puis d’un coup, Baptiste revient (il n’avait pas abandonné les recherches). Je lui demande machinalement : « -Tu l’as ? » sans une once d’espoir.- Oui !!! » Il se retient de hurler. Il a allongé notre zone de recherche et le drone était posé presque en évidence au pied d’un arbre dans lequel il a dégringolé pour sa chute finale. Quelle soirée !

Un musée sur les traditions culturelles régionales et ses spécificités naturelles occupe notre première matinée de visite. Nous sommes seuls dans le musée. Le hockey, la vie organisée en fonction de la météo avec cette omniprésence de la neige une bonne partie de l’année, les phoques (notamment une espèce particulière localement). Nous avons une première approche de la vie finlandaise. Nous visitons également le château. La visite Est en anglais, avec des feuilles d’informations en français. « Elle va parler encore longtemps en anglais la dame ? ». Louise au début de la visite s’impatiente déjà. Il faut dire qu’elle parle vite et beaucoup. Nous comprenons quelques détails mais pas l’ensemble. Les files lisent en français le détail de la visite et observent à leur hauteur. On essaie de s’accrocher aux paroles de la guide mais tout en surveillant les enfants ce n’est pas simple.

Parc de Kolesi. Halte 2. Jeanne à Louise : « Viens on va réveiller Sam pour qu’il voit le feu. Il en a jamais vu de sa vie. Je vais l’appâter avec des pistaches. » Sam s’est endormi tardivement ce jour là. Nous sommes à l’entrée du parc national. Perdu dans la belle région des lacs, le parc fourmille de balades. Notre bivouac du jour intègre notre top 5 je pense. Un petit chemin de terre qui sort de route. Un emplacement relativement plat. Un foyer pour faire du feu avec une réserve de bûchettes. Des bancs en bois autour. Des barques jaunes vieillis par le temps avec des rames posées là, comme à disposition. Et ce lac qui nous encercle presque. Bordé de sapins. Au loin des maisons rouges en bois inévitables. Et ce calme, enveloppant. Et cette lumière, époustouflante. Apéro et dîner au coin du feu. Le soleil semble ne jamais descendre. Sam peine à s’endormir. À minuit, après notre film du soir, le ciel est bleu clair. L’eau du lac brille. Le spectacle sous une nuit claire du nord est superbe.

Le lendemain le campement sera encore de plus grande beauté. Si, si. Plus sauvage, plus calme, plus paisible. Le canoë est vraiment l’activité locale. La région se visite plus facilement en canoë. J’ai assez peur de l’eau. Et avec les enfants, n’en parlons pas. Je ne me sens pas du tout dans mon élément. Baptiste rêve d’un voyage en bateau. C’est au-delà de mes limites. Trop d’angoisses, de peurs. Notre petite randonnée de l’après-midi dans le parc bien balisée a ravie les enfants. « Moi je préfère marcher en forêt plutôt qu’en ville. C’est plus joli et plus amusant. » Louise a aimé donc. Elle a fait toute la balade en sautillant sur chaque rocher ou arbre couché croisé. Nous avons cherché désespérément les phoques. Ne rigolez pas, il y a une espèce protégée dans la région qui sont visibles justement à cette période. Nous goûtons dans un petit campement à mi-parcours de notre balade. Une table, un foyer pour le feu avec des grilles, du bois, des allures, une hâche, une cabane et même un livre d’or. Ils pensent à tout ces finlandais !

Nous vivons dehors du matin au soir maintenant. Quel bonheur. Tout est plus simple. Les enfants jouent avec trois fois rien. Des cailloux, des bâtons, des feuilles à ramasser. Des rochers à escalader. Un rivage de lac à explorer. Et ce sont les plus heureux du monde. On contemple le paysage en les regardant jouer ensemble avec ce que la nature leur offre. Le matin, le midi, le soir. C’est beau, différemment mais beau. À toute heure de la journée, ces paysages de lacs et de forêts sont apaisants et envoûtants.

Parc de Repovesi. Halte 3. Balade avec deux tronçons insolites. Il y a un passage très au bord de l’eau. Sur des rochers posés entre le rivage et la falaise rocheuse, nous posons délicatement nos pieds. Une rampe nous permet de nous maintenir fermement à la paroi rocheuse. Heureusement. L’autre particularité : pour entamer et boucler la balade, nous devons traverser une partie du lac que nous longeons. Un bac est bien présent mais sans moteur ni chauffeur. Il faut le tirer manuellement à l’aide d’un câble pour le remonter jusqu’à nous. Puis monter à bord. Nous voilà sur ce pseudo-radeau. Il faut à nouveau user de la force de nos bras pour nous faire glisser sur l’eau jusqu’à l’autre rive. Les enfants s’en amusent. Assis tous les trois à même le sol de planches, ils apprécient ce moment cocasse de nos aventures. Nous ne pouvons pas faire la boucle prévue initialement car le pont de singe qui termine la balade est hors d’usage. Dommage. Nous ferons demi-tour après un nouveau campement bien aménagé. Ces installation nous étonnent toujours autant. Un couple de finlandais se fait griller un steak. Les filles salivent. Vu notre petit-déjeuner tardif ce matin, nous grignotons quelques fruits secs avant le chemin du retour.

Porvoo. Halte 4. À une cinquantaine de kilomètres  d’Helsinki, nous stoppons pour la nuit. La ville est magnifique. En bord de mer, toujours ce golfe de Finlande, la ville est concentrée le long d’un canal où la ville s’anime. Marché extérieur, boutiques d’artisanat, terrasses de cafés. En semaine, l’animation est limitée. Les boutiques ferment autour de 16h. Pour une session shopping, il faudra repasser. Tout est joli dans les vitrines. Nous ne ferons pas de folies au moins. La vieille ville avec la cathédrale et l’alignement de maisons rouges au coucher de soleil nous charme particulièrement. Enfin, coucher de soleil c’est vite dit. La lumière s’étire sans jamais retomber dans ce pays du Nord. Le cercle polaire approche. Sur le papier, on peut lire : coucher du soleil 22h08, lever du soleil 04h16. Mais alors que j’écris et qu’il est précisément 22h10, il fait jour. Grand jour. Le soleil persiste. C’est déroutant. Très. Les filles s’endorment sans difficultés car il n’y a pas de fenêtres au niveau de leur lit. Pour Sam c’est assez problématique. Pour nous, la fatigue accumulée ces derniers temps entre rythme à tenir, couchers plus tardifs (liés à cette lumière et des soirées cinéma) et les kilomètres avalés entre visites et randonnées nous assomment de fatigue. Nous endormir n’est pas un problème !

Nous perpétuons nos soirées cinéma à deux ou en famille. « Les Intouchables, Crocodile Dundee, La grande vadrouille. » On revisite les classiques. Plus ou moins récents. Les soirées ou pauses lectures en journée reviennent souvent aussi. Chacun s’installe avec son bouquin du moment. Et on savoure le plaisir de lire à côté. Être ensemble mais chacun dans son univers. Quand Sam dort le moment est plus paisible. Si on lit de bon matin, il prend sa pile de Popi. On s’adapte.

Au réveil à Porvoo, il pleut. Notre belle vue est toujours là. Légèrement entachée par les goutes de pluie mais charmante avec son alignement de maisons rouges. Les lieux sont bel et bien prisés des touristes. Des cars se garent à côté de nous. Je ne m’en rends compte qu’une fois sortie du camion pour aller aux toilettes (souvent présentes et très propres en Finlande). En pyjama, les cheveux ébouriffés, les yeux mi-clos. Nous n’avons pas beaucoup de transition (en distance et en temps) entre notre lit et le monde extérieur ! Je croise tous ces touristes dont certains me regardent d’un air étonné.

Sur la route d’Helsinki je suis au téléphone un bon moment. J’aime prendre le temps d’appeler les proches. Entendre les voix rassure, réduit les kilomètres et crée une petite bulle éphémère hors du voyage. La distance rend les conversations différentes. On va à l’essentiel. On se dit les choses avec plus de simplicité, de sincérité. Ça me plaît. Par écrit aussi, on ose plus quand on est plus loin. Je le vois dans vos mails, vos messages. Et les miens ! Quand je relis mes brouillons, des passages de mes articles ou quand Baptiste rebondit sur certaines tournures, je m’étonne moi même. J’ai vraiment écrit ces mots !? J’écris souvent seule. Il me faut du calme et de la concentration. Au moment de poser les mots, je n’ai pas d’interlocuteur direct. Mes articles sont devenus un carnet de bord aux allures de journal intime. Mon inspiration est inépuisable. La vie de globe-trotters donne facilement et continuellement matière à écrire. Je pars du vrai, des faits. Je n’invente rien. J’étoffe, je divague, j’extrapole. J’évacue beaucoup d’émotions par l’écriture. Vos retours sont appréciables car ils inscrivent mon récit dans le réel. Merci au joli (et non négligeable) noyau de fidèles qui dévore nos aventures. Un lien se tisse entre vous et nous par ce blog qui est comme un portrait géant de nous 5. Sincèrement merci de nous suivre.

Helsinki. Halte 5. Le premier jour, le gris et froid nous accueillent. Ma motivation retombe et peine à mobiliser la troupe. Parfois je m’essouffle un peu (la météo joue un rôle essentiel), mais Baptiste prend le relais. Helsinki, la capitale du design a de quoi le ravir ! On flâne au marché où on pensait pourvoir acheter un petit encas pour le déjeuner mais tout est hors de prix. Des hot dog à 3,50€ feront l’affaire un peu plus loin. Pas très nordique mais passons. Le centre de la capitale finnoise n’est pas immense. Quelques rues piétonnes, des bâtiments historiques, une imposante cathédrale et des magasins de design aux vitrines plus alléchantes les unes que les autres. Tout est beau. Tout est de bon goût. Seul le prix limite nos envies. On sait qu’en Scandinavie la frustration va être plus forte. Plus de tentations, plus de possibilités. Et toujours un budget serré à respecter. On ne pourra plus trop aller au resto par ici. Pas si grave. Il va falloir jongler entre les supermarchés et les marchés moins touristiques. Liddle est omniprésent et c’est bête mais ça nous rassure. On connaît et les produits sont très bon marché. Nous finissons la journée au centre culturel Kaapelitehdas. Inespéré, une structure gonflable boucle l’exposition et les enfants s’y dépensent en sautant et hurlant de joie un long moment. Nous trouvons un petit coin tranquille en bord de plage et au calme pour la nuit. On a pas l’impression de dormir en pleine capitale. C’est calme, reposant.

Le lendemain, le soleil finit par pointer en fin de matinée. Enfermée dans le camion à pianoter pour écrire mon article, je vois les enfants revenir en courant de la plage. Ils se sont défoulés et ont faim. Ouf j’ai anticipé, le repas est prêt. J’ai jonglé entre casseroles et clavier. Toujours anticiper. Dans la vie ça facilite tout, avec enfants c’est primordial. C’est une donnée de base pour notre équilibre, notre organisation et notre bien-être. En voyage, itinérant qui plus est, anticiper n’est pas toujours simple. Il y a les imprévus. Et c’est très bien. On ne peut pas tout planifier. On essaie pour les courses, l’itinéraire. On se laisse aussi un peu de souplesse pour improviser. Pour le coup, c’est plus facile en voyage loin des contraintes habituelles. Et on apprécie aussi d’avoir une marche de manœuvre plus large. Un détour, un petit plaisir gustatif. Nous n’avons pas de ligne directive précise à suivre autre que celle de nos envies ! On garde ce cap.

Au parc, nous sommes les seuls à hurler le prénom de nos enfants. Ils ont l’air si calme, si posés ces finlandais. Un peu la maman calme de Florence Foresti si vous l’avez … Ils ne lâchent pas leurs enfants. Couverts des pieds à la tête avec bonnets et combinaisons parfois, nous nous distinguons par nos choix vestimentaires plus légers. On se sent un peu parents indignes, assis sur un banc à prendre une pause en laissant les nôtres en auto-gestion ! Oui, mais nous on les gère H24. J’ai presque envie de leur dire ! Le parc est une pause indispensable et générale. Les enfants ont besoin de cet espace de liberté où seul le plaisir ludique compte. Ils doivent apprécier un peu de lâcher-prise de notre part. Après tout, ils ont aussi leurs parents H24 sur le dos ! Les balançoires ont systématiquement des barrières de protection. Les bacs à sable sont remplis de jouets à disposition de tous. Avec parfois un coffre pour les ranger. Les squares ont des parkings abrités pour les poussettes. Les toilettes sont propres et gratuites. Il y a toujours une table à langer. Les magasins ferment tôt car il y a une autre vie après le boulot. La vie familiale. La Finlande a un petit côté pays parfait. Je crois que le pays compte parmi les populations les plus heureuses au monde. Je comprends. Ça se tient. Il y a comme une sérénité omniprésente qui rend la vie simple et heureuse. Les gens sont zen. Le plaisir de vivre est palpable. Vie basée sur des plaisirs simples. La nature prime avant tout. Plaisirs dans lesquels nous nous engouffrons car nous nous y retrouvons complètement.

Nous passons un samedi « normal » à Helsinki. Balade au parc pour un peu de vert, de grand air à travers les gouttes et de défouloir pour les petits. Passage à la caserne de pompiers pour voir les yeux ébahis de Sam. Et puis nous tombons sur une brocante. Depuis qu’on se connaît avec Baptiste nous en avons tenu des stands et surtout nous avons aménagé nos appartements successifs à base de meubles de brocantes. Ce côté seconde main, deuxième vie. Ce meuble ou cet objet qui a déjà son histoire, et maintenant fait partie de la nôtre. On aime. Le quartier du nord de la ville où nous avons atterri semble pour nous. Les magasins vintage, les antiquaires et les brocanteurs se comptent à la pelle. Le seul souci (qui sauve à nouveau notre porte-monnaie) est le choix des horaires limités. Tout ferme tôt. 16h ou 17h. Pour un samedi, c’est un peu rageant et déroutant. Il y a des jours où il ne se passe pas grand chose. Notre condition de voyageurs multiplie les occasions de découverte et de plongée dans la vie locale. Certes. Mais cependant, nous sommes les seuls à provoquer le dépaysement dans notre journée. Si nous avons moins envie, si le temps est gris, si nous avons un petit coup de mou, on freine notre course aux visites. On s’autorise parfois à traîner au lit, à ne pas faire grand chose. (Rarement quand même ). Juste être ensemble. Et après des journées posées, on repart de plus belle.

Le lendemain matin il fait beau (même si ça ne durera pas). Je saute du lit, je déballe les chaises dehors, les croissants, un bon thé chaud et nous voilà au mieux. Merci la vie pour ces petits moments de bonheur ajoutés. On les croque à pleines dents. On les multiplie, on les apprécie.

Une des caractéristiques du climat local est le changement radical de temps, (y compris au cours d’une même journée), et les variations importantes de température d’un jour à l’autre. Il y a un petit côté breton. On pourrait passer notre journée à se changer en alternant short et jean’s. Un proverbe finlandais dit que « l’été ne dure que du mardi au jeudi ». Les moments de chaleur sont rares et précieux. On en profite.

« Mais pourquoi vous avez eu cette idée de voyager ? » Louise s’interroge. En roulant dans Helsinki, l’air de rien, alors qu’elle dansait et chantait à tue-tête juste avant, Louise se questionne. Elle grandit. Je la questionne à mon tour. Quand pense t’elle ? (C’est mon côté prof qui me fait répondre à une question par une question !) Je lui expose nos envies de liberté, de goût pour des cultures et contrées lointaines. Notre envie de partager tous les cinq des moments uniques qui construisent notre famille et tissent des liens forts et uniques entre nous. Elle semble acquiescer mon exposé. Et reste convaincue que tout ce temps passé avec ses parents est une sacrée chance.

Il existe une bibliothèque somptueuse dans le centre de la capitale. Découverte quasi par hasard en se garant devant. Le bâtiment avec sa vague de bois nous avait intrigué de loin pendant nos traversées de la ville. Tout en bois, en blanc, en courbes. L’intérieur comme l’extérieur sont raffinés, élégants, doux pour le regard. Une atmosphère apaisante et atypique se dégage des lieux. À peine entrés, nous nous régalons. Jeanne trépigne et s’apprête à courir à la recherche de livres en français. Samuel court dans ce bel espace si spacieux et aéré. Louise s’étonne, observe de son œil vif et curieux. Baptiste photographie le lieu sous tous les angles.

Pour ma part, je savoure ces découvertes inespérées qui tombent à pic sur notre route. Mon plus grand plaisir est certainement de parvenir à contenter toute la tribu dans une même activité, un même lieu, une même découverte. Je suis heureuse et apaisée quand ils sont heureux et souriants. Quand leurs émotions les traversent et me renvoient une image heureuse de leur personne. À un instant T. Je me sens un peu chef d’orchestre ou G.O. Nous sommes pourtant tous les 5 acteurs de l’aventure. Mais je me mets une pression inconsciente de réussir chaque jour à contenter toute la troupe. C’est le cœur de ma charge mentale de mère et de femme en voyage. En temps normal aussi je recherche pour la famille le plaisir de partager des moments réjouissants. Mais ils se concentrent plus sur les temps du we et du mercredi. En voyage tous les jours sont des week-end ou des mercredi. C’est notre chance.

En terme de bonheur, pour Jeanne c’est une réussite aujourd’hui ! Nous resterons à la bibliothèque jusque tard dans l’après-midi. Lovés dans des cabanes de coussins, des canapés confortables, des tapis, des salles d’histoires, nous admirons les lieux et profitons. Nous lisons des imagiers à Sam. Son vocabulaire progresse chaque jour. Il papote beaucoup. Tout le temps en fait. Jeanne dévore les deux étagères de livres en français débusqués. Une sorte de boulimie de lecture l’envahie ! Elle revient les bras chargés et disparaît même à un moment. Je la retrouve collée à l’étagère en question. « Je reste là maman, je suis plus près des livres. » Louise n’est pas la dernière à se jeter sur les livres. Heureuse de renouveler les histoires lues et relues dans la mini bibliothèque du camion. Elle lit vraiment bien, elle n’est qu’en fin de CP sur le papier après tout.

En Finlande, le numéro de la carte de lecteur n’est autre que le numéro de sécurité sociale. Facile d’imaginer combien la bibliothèque est un service public intégré à la vie quotidienne de chaque Finlandais. J’ai lu que environ 80% des finnois fréquentent une bibliothèque (contre environ 30% en France). Le nombre de prêts s’élève à 20 par an et par habitant (pour 5 en France). Différence de culture, de climat. À l’évidence. Un exemple à suivre lorsque l’on connaît les bienfaits de la lecture. Nous avons hâte de retrouver notre petite bibliothèque de quartier. On passe le bonjour à toute sa sympathique équipe au passage !

Nous finirons notre découverte d’Helsinki par quelques boutiques de design branchées mais toujours hors de prix. Plaisir des yeux seulement. Un tour au musée du design boucle notre visite d’Helsinki. Très belle exposition qui ravie toute la famille. Nous craquons pour de jolies cartes postales et une affiche souvenir.

Louise est comme Baptiste. Véritablement curieuse. Elle fonce, s’approche, observe. Tout le temps. Jeanne est comme moi. Elle a peur de gêner, peur de s’approcher trop près. Peur des interdits, des règles. Elle et moi, nous avons vite honte. C’est fatiguant. Ça limite les échanges, la communication, la rencontre de l’autre. J’aimerai tellement foncer vers les autres. Être plus à l’aise. J’y travaille, j’avance. Nos voyages m’ont ouvert aux autres et ajouté de la confiance en moi. Une belle victoire même si j’ai encore un peu de chemin à parcourir.

Fiskars. Halte 6. La ville des rêves de Baptiste. Hier, nous étions au paradis de Jeanne, aujourd’hui au tour de Baptiste. Il arpente les ruelles de ce village d’artistes-créateurs-designers avec un sourire béat. Les entrepôts sont ouverts. En passant la tête avec un hello, nous observons la scène : des ébénistes travaillant le bois au milieu de meubles tous plus magnifiques les uns que les autres. Baptiste aime bricoler, créer, inventer, assembler. Chez nous, les meubles qui ne sont pas issus de brocante sont réalisés par Baptiste. Une association à Genneviliiers permet de bosser sur des machines spécialisées. Il se régale là-bas. À deux pas de la maison. Son temps partiel à 80% l’année prochaine devrait lui laisser du temps pour de nouvelles créations. Surtout grâce à toutes les belles idées piochées ici ! Nous sommes juste avant la haute saison. Les boutiques et musées ne sont pas tous ouverts mais quelques espaces de créateurs nous charment. Je m’offre des boucles d’oreilles. Repérées par Baptiste (parti seul pendant que les petits jouaient), les filles m’aident à choisir un modèle alors que nous faisons une petite virée toutes les trois. J’aime bien ce petit moment entre filles. Je les essaie, Jeanne et Louise me regardent dans la glace. La scène est attendrissante. Je les prends ! Je convaincs Baptiste de les reproduire à notre retour. Pour décliner couleurs et formes. Pour les offrir aussi.

Turku. Halte 7. La ville est agréable et animée. Nous visitons le musée en plein air. Un village bien conservé retrace la vie d’antan. Les maisons en bois, petites et biscornues, sont jolies. Les intérieurs sont raffinés et déclinent plusieurs métiers. Ils n’ont pas bougé depuis des années. Le musée existe depuis l’après-guerre. Une dame a habité sur place jusque dans les années 80. Son intérieur est superbe. Et intact.

Un bac nous ramène chez nous. À notre camion quoi. Les enfants s’amusent de ce pont mouvant. Samuel nous fait une belle frayeur avant de reprendre la route. Il disparaît l’espace de quelques secondes en échappant à notre surveillance. Il a filé sur le trottoir. Heureusement côté ville et non côté quai. Nous sommes garés à quelques mètres de l’eau. Nous voyons au loin sa petite silhouette qui fonce droit devant. Baptiste le rattrape après un sprint. Samuel est mort de rire. Nous nettement moins. Jeanne était pareil au même âge. Je me souviens elle sortait régulièrement du parc. Sans se retourner une seule fois vers ses parents la guettant et espérant un demi-tour. Déjà très décidée et téméraire à 2-3 ans. Comme Samuel. Leurs traits de caractères sont similaires. Samuel a aussi quelques mimiques de Jeanne. Louise et Samuel se ressemblent beaucoup plus physiquement, vous l’aurez remarqué ! C’est vrai que que sur certaines photos de Louise ou Samuel bébés il y a confusion. Leur ressemblance est si frappante que lors de nos visites à Necker pour le suivi de la surdité de Louise (qui entraîne celui de la fratrie), les médecins du service génétique en étaient eux-mêmes assez étonnés. Ils nous l’ont souligné.

Naantali. Halte 7. Ville cossue de bord de mer, que nous découvrons au petit matin. La haute saison s’annonce la semaine prochaine avec l’ouverture de l’attraction locale : le parc des Moumines. Ces drôles de créatures blanches aux allures d’hippopotame sont le fruit de l’imaginaire d’une auteure finnoise. Déclinées dans tous les magasins et occupant un grand rayon dans les librairies, ces figures sont partout. Nous arpentons la plage, le port et la vieille ville.

La représentation du temps qui passe est encore floue pour Louise. Un panneau sur le parking indique « arrêt 30 mns » juste devant notre place pour la nuit. Loulou me chuchote « maman, une nuit ça dure vraiment 30 minutes ? »
Et Jeanne s’écrie au même instant : « on ne va quand même pas dormir devant le cimetière ? J’ai peur des fantômes ! » c’est vrai que l’alignement de tombes jouxte de quelques centimètres le capot du camion. Séparés par une barrière.
Nous sommes assurés d’une nuit calme au moins.

Parc de Kurjenrahkz. Halte 8. Une belle randonnée de plus de 6 kms pour faire le tour d’un lac. Les filles marchent d’un bon pas. Papotant bras dessus bras dessous, elles foncent. Sam est dans mon dos. Il sieste sa petite tête posée dans mon dos et ses mollets se balancent au rythme de ma foulée. La balade est sublime. La présence de marécages explique les planches qui tracent notre route. Le chemin est facile à suivre. Le soleil rayonne mais le vent souffle fort. Des vagues nous éclaboussent à l’approche des rives du lac.
Des nénuphars flottent, des arbres couchés effleurent l’eau. Un écureuil retient notre attention. Le cadre est superbe.

Fatigués de notre virée mais heureux de cette randonnée en famille, nous nous réfugions dans la chaleur du camion garée en pleine clairière. D’autres camping-cars se sont installés pour la nuit ainsi que des campeurs. Nous avalons nos pâtes et courons au coin du feu (en espérant qu’il soit libre) pour nous régaler de chamallows grillés et de bananes au chocolat cuites dans les braises. Nos années scouts ne sont pas si loin. Des souvenirs en cascade reviennent. (Big up à tous nos amis scouts qui se reconnaîtront). J’aime partager ces moments avec les enfants. Revivre des joies du passé. Leur raconter nos souvenirs. Replonger dans sa mémoire d’enfant et d’adolescent. Sam ne craint pas assez le feu, on ne le quitte pas des yeux. Loulou ajoute des bûches en série, il faut la calmer. Jaja se régale. Les trois ont de belles moustaches en chocolat. La vie sur le lac est époustouflante. Nous descendons par un joli chemin en bois cerné par des barrières que les enfants dévalent à vive allure.

Rauma. Halte 8. De vieilles maisons colorées et bien conservées font l’attraction locale. Les ruelles ensoleillées sont agréables à parcourir. Des drôles de statues jalonnent notre parcours. Nous nous offrons notre premier resto dans le pays. Rien de finnois mais une pizzeria très alléchante ! Nous nous régalons de ce joli moment. Les petits savourent et sont adorables. Les filles lisent et Samuel joue avec les animaux colorés laissés en libre-service. Au parc, nous croisons des français expatriés. Jeanne et Louise déballent tout : « On voyage pendant 6 mois en Europe. On a traversé beaucoup de pays. » Elles donnent l’itinéraire, leur âge. Elles m’amusent. C’est très étrange pour nous d’entendre parler français. Elles jouent longtemps avec une petite fillette de 5 ans qui leur raconte sa vie en Finlande. Nous papotons un peu avec les parents. On les questionne sur la vie en Finlande. Ça fait 9 ans qu’ils vivent là donc ils s’y plaisent grandement !Et sur la suite de notre itinéraire, ils nous conseillent fortement Tampere. Bon bah allons-y ! On avait prévu de longer la côte pour rejoindre doucement la Laponie. Va pour ce changement de programme. Écoutons nos envies et les bons conseils.

Tampere. Halte 9.
Des bâtiments et des entrepôts de briques sont éparpillés dans le centre historique. La ville est située entre deux lacs qui se rejoignent. Ainsi entremêlés, lacs et briques rouges dessinent la ville. Les ponts et les bateaux sont omniprésents. Beaucoup de vert aussi. De parcs. On marche une bonne partie de la matinée. Samuel et Louise filent en trottinette. C’est un peu stressant mais on avance vite ! Il faut surveiller Sam qui gère de mieux en mieux la direction mais n’a peur de rien et file en descente. Il faut jeter un œil sur Louise qui mène la troupe mais a oublié de mettre ses appareils et fonce tellement que de loin nous avons beau crier, elle ne nous entend pas. Et enfin ne pas perdre Jeanne de vue. Elle marche pourtant tranquillement à côté de nous mais ne quitte pas sa liseuse, happée par son dernier livre, donc lit en marchant et manque de louper une marche où se prendre un poteau ! Tiens la poussette Jeanne, au moins on ne l’aura pas emmené pour rien !

La fratrie grandit. La fratrie sourit. La fratrie vit. Jeanne protège les plus petits. Quand Louise chute violemment en trottinette, Jeanne joue les infirmières. Quand Samuel a froid au parc, elle le porte précautionneusement sous une pluie battante pour le ramener au camion. Louise passe des heures à jouer aux voitures avec Sam. Ils aiment faire dévaler des pentes à leurs bolides. Louise lit des histoires à Samuel. Elle lui fait répéter chaque mot de ses imagiers. Des piles de Popi et de Tchoupi. Jeanne aussi, lâche parfois sa liseuse et s’installe avec les livres de Sam pour les histoires du soir. Samuel s’inquiète quand une de ses sœurs a du chagrin ou un bobo. « Bobo Louise. Moi veux faire câlin. Bisous sur le bobo. » Jeanne joue au parc avec Sam. Elle le pousse sur la balançoire ou fait des châteaux de sable. Louise l’aide à escalader le filet, les marches, le toboggan. Ils sont inséparables à force de ne jamais être séparés ! Quand on randonne en forêt, les files marchent souvent ensemble devant d’un bon pas. Elles papotent, se chuchotent des secrets. Elles sont touchantes.

Louise a craqué il y a quelques jours. « C’est nul la place du milieu. Pourquoi vous m’avez fait au milieu? Samuel, il est trop petit. Jeanne, elle est trop grande. Ils jouent pas beaucoup avec moi. »
Le lendemain, l’air de rien, au petit déjeuner, je glisse doucement à Jeanne que ce serait sympa de poser un peu sa liseuse aujourd’hui. De se mettre à côté de Louise (ce qu’on évite en général car le ton monte vite) et de partager des jeux de société, des activités manuelles. Sans rien dire, elles s’installent gaiement à côté et démarrent une partie de jeu de sept familles. Elles passeront une bonne partie du trajet de la journée à rigoler ensemble. C’est tellement une joie de voir ses enfants bien s’entendre. C’est ma hantise en les imaginant adultes, une fratrie séparée ou fragilisée.

Leur fratrie a changé. Leur fratrie a tissé. Des liens, des souvenirs communs à jamais. On aime les regarder de loin au parc ou dans le rétroviseur en roulant. Une vraie complicité s’est installée. Il y a toujours des disputes, des énervements. Le ton monte parfois. Mais pas longtemps. Notre espace de vie est trop petit pour rester fâchés. On n’est pas là pour se disputer ! Je leur répète souvent qu’on forme une famille, qu’on a besoin les uns des autres. Il faut penser aux autres. S’entraider, se rendre service, s’écouter. Il faut penser collectif. C’est ma phrase du moment. On pense collectif ! J’ai l’impression d’être un coach sportif dans le vestiaire d’une équipe qui va entrer sur le stade. Je viens de commencer un livre (offert par ma maman). C’est le
récit des vacances en camping-car d’une famille. Je débute ma lecture mais le conseil du père à chaque départ est « Soyez heureux ! ». C’est vrai qu’on devrait le répéter plus souvent à notre trio. Notre parole compte tellement pour eux. On voit bien avec les phrases de Sam qui s’allongent ce qu’il peut entendre souvent et donc répéter souvent. Notamment en ce moment « M’énerve moi. » Les yeux au ciel et les bras croisés, on sent bien sa colère. On va essayer de lui faire dire « Moi heureux ! »

Nous venons de faire plusieurs longues  journées kilomètres comme on les appelle. Tampere-Rovaniemi. On a roulé du matin au soir. On voit que les petits sont habitués. Ils ont été adorables. Lectures, jeux de société, musique, bricolages pour les filles. Peu de temps d’école par contre. Faire rouler ses petites voitures comme activité exclusive pour Sam. Entrecoupée de siestes et de moments de rigolades avec ses sœurs qui alternent à côté de lui. Il peut jouer très très longtemps avec ses quantités de voitures. Il les gare, les range, les classe. Il les nomme par leurs couleurs. Il ne s’en lasse jamais. Et ne part jamais en balade sans remplir ses poches de bolides.

Nous arrivons doucement en Laponie. J’imaginais cette région à l’autre bout du monde. C’est pas si loin finalement. Les enfants ont  découvert hier le village du Père Noël et le Père Noël himself !  On vous raconte nos dernières émotions et pérégrinations très bientôt.

Prenez soin de vous. Profitez du soleil qui se pointe enfin. Ici, il nous quitte de moins en moins. En deux semaines on a encore gagné des heures de jour. Surtout ces deniers jours en montant vers la Laponie. Ces soir, le soleil se couchera à 00h52 et se lèvera à 01h36. Il fait donc pleinement jour à plus de minuit. C’est déroutant. On ne sait jamais vraiment quelle heure il est dans la journée ! On s’habitue doucement à cette lumière décalée.

Bravo à vous, vous venez de regarder 228 photos ! C’était trop difficile de trier nos deniers clichés. Et en plus l’article retrace nos deux dernières semaines (au lieu d’une habituellement), il fallait bien ça pour l’illustrer. Au plus juste, au plus vrai, au plus proche de l’aventure. On finira avec des nouveaux dessins de Julien. Après notre super sticker collé sur le camion qui attire l’oeil des curieux, voici des nouveaux dessins de JuBaJaLouSam en situation. Merci à toi !!

À très vite pour la suite.
Bises finnoises
JuBaJaLouSam

 

11 COMMENTS
  1. Vous avez l air si heureux, quelle joie
    Et la Finlande qui me fait tant envie, semble être si reposante, apaisante..
    plein de gros bisous à vous 5

    Carole 1 année ago Reply
  2. Heureusement que je bossais aujourd’hui pour avoir le temps de tout lire !!!
    Je t’imagine au parc avec la tête de la jumelle maléfique Florence Foresti …
    Merci pour le reportage en Bibliothèque.
    Super les illustrations de la famille Kieken
    Bises

    Aurélien 1 année ago Reply
  3. Temps idéal aujourd’hui (pluie lancinante et tristoune qui réduit les sorties) pour prendre le temps de regarder les 228 clichés ensoleillés et lire vos dernières aventures, surprises, découvertes. La Finlande semble être l’endroit idéal pour une échappée belle pour les amoureux de Dame Nature.
    La bibliothèque fait vraiment envie, comme j’aimerais qu’il y ait un tel espace ici à Asnieres pour favoriser la lecture!
    Le bonus des croquis bien croqués de Julien est un régal.
    Soyez heureux
    Bisettes

    Maé 1 année ago Reply
  4. Que c’est beau et que c’est bon de te lire !!! À chaque fois c’est comme un petit voyage pour le lecteur, j’adOooore !
    La Finlande a l’air d’être un très beau pays qui me fait penser au Danemark..
    Tout ces moments de bonheur en famille sont précieux, Profiiiiitez les uns des autres, ça passe tellement vite !!
    Bisous à tous les 5

  5. Super la Finlande , toutes ces photos nature ! J’ai envie de repartir .
    Bravo à Julien pour ses clins d’œil en images . À quand la BD de JUBAJALOUSAM ,
    Toujours pas de quille en l’air ( bateau retourné en maison, pour les non initiés) en Finlande?

    Tydom 1 année ago Reply
  6. Et bien, ce récit était tellement passionnant et les photos tellement magnifiques que je ne me suis pas rendue compte d’en avoir visionnées autant. Vous nous faites rêver. Les paysages sont splendides et on peut sentir, à travers tes mots, tout le bonheur partagé.
    Profitez profitez…
    De gros bisous à vous 5

    Karine 1 année ago Reply
  7. J’ai envie de dire : »allez vite ,on part en Finlande!  » C’est vrai que ces jours plus longs que la nuit laissent une drôle d’ impression! Nous avons vécu cela en Islande :JP ne s’est pas couché une nuit pour prendre des photos du même endroit et mesurer ainsi l’intensité lumineuse!!
    Envie de savoir ce que les enfants ont pensé du pays du père Noël!

  8. Contrairement aux autres articles, celui-là je ne me suis pas jetée dessus, j’ai patienté 2 jours d’avoir le temps de le déguster. Parce que je savais… et je ne me suis pas trompée !!
    Entre tes lignes je me souviens… les maisons en bois colorées, les farandoles de boites aux lettres, l’absence de barrière. Prendre le bateau comme je prends le bus ici dans ma banlieue grise, le nez au vent, aux embruns même. Je me souviens d’avoir expérimenté concrètement le « il n’y a pas de mauvais temps, juste des mauvais vêtements. » Je me souviens des km à pieds, de l’immensité, du silence, de la nature brute, partout, tout le temps. De la lumière, des reflets sur l’eau, du souffle du vent. Je me souviens des heures interminables sur un ponton, à attendre la nuit qui ne tombait jamais vraiment. De l’apaisement, de l’harmonie, de la paix dégagée par ces lieux puissants.
    Je me souviens aussi des Moomins, de Fifi Brindacier et des Kanelbullar qui collent aux doigts.
    C’était un tout petit bout de Suède et c’était il me semble il y a plus de 10 ans, mais que c’est bon de retrouver ces instants… Je vais me poser un petit moment, là, avec vous et avec mes souvenirs.
    Et puis je reviendrai, pour les aurores boréales, et pour faire la même photo que Samuel et pouvoir dire « j’ai marché sur le cercle arctique » !!
    Bisous les aventuriers. Et merci.

    Cha 1 année ago Reply
  9. Ce pays parait si parfait… et semble tellement vous correspondre. Un vrai bonheur. Vous en profitez au maximum.. ne manque que le soleil qui devrait bien finir par vous accompagner. De ces pays nordiques, je connais la Norvège (sauvage,magnifique, visitée en camping car !!) et Stockholm.. une ville que j’ai adorée mais où tout est hors de prix pour nous pauvres français. Bonne continuation. Bises de Véronique.

    Name* 1 année ago Reply
  10. J’adore toujours ! On se plonge dans la lecture et quand on relève la tête on a l’impression d’avoir partagé « pour de vrai » ces moments avec vous 😊 ! Du bonheur !
    Bisous à tous les 5

    Sophie 1 année ago Reply
  11. waou il m’a fallu 2 jours pour pouvoir finir l’article ^^
    Ca donne vraiment envie d’y aller, les photos sont magnifiques et les anecdotes croustillantes
    On a hâte de lire la suite (et si on avait pu on serait bien venu passer une semaine avec vous !)
    Des gros becs à tous les 5 !

    julien 1 année ago Reply

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